Mettre en mouvement est à la racine de ce qui l’anime. Voir le mouvement dans la fixation des formes qui se couchent sur le papier. Être soi-même en mouvement dans la mobilité du geste. Clémence Bouchereau joue avec ce que la matière lui propose et fait danser les signes ; une forme en amène une autre qui en amène une autre. Il se dessine un langage abstrait qui se rythme de lui-même, flux continu où les différents vocables varient et se chevauchent, s’espacent et se densifient.
Face à l’agitation des temps présents, Clémence travaille une temporalité en suspens. Le mouvement du pinceau laisse la trace d’un alphabet primitif étrange et sensoriel, calligraphie abstraite dont les paysages invitent à la contemplation.
Auparavant, elle a réalisé des films d’animation. Son court-métrage « La saison pourpre » (coproduction Arte-Bandini Films) est remarqué par la critique (sélection officielle à Cannes - Semaine de la critique 2023, prix André Martin au festival d’animation d’Annecy, prix SACD au festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, grand prix du court-métrage au festival Monstra).
À la suite de son dernier film, Clémence rompt avec le figuratif pour embrasser l’abstraction. Elle poursuit en peinture sa recherche, quelque part où l’improvisation traque la vitalité du trait. Voir jaillir l’imprévu dans l’acte de présence est au cœur de sa pratique.
Née en 1989 en Loire-Atlantique, Clémence Bouchereau vit et travaille aujourd’hui en Ardèche.